Aujourd’hui, c’est un témoignage que je souhaite faire. Le mien sur un sujet qui me touche beaucoup, le besoin de contrôler et de vouloir changer l’autre.
J’ai compris que cette manière de procéder n’était pas toujours faite de manière consciente. La personne dirige la vie de l’autre afin que celui-ci soit conforme à ses idéaux, à ses valeurs.
Humainement, personne n’a le droit d’exercer ce pouvoir. Accepter l’autre tel qu’il est est la base de toute relation saine.
Nous avons tous des qualités et des imperfections, cela fait partie de tout à un chacun et c’est ce qu’il fait que nous sommes uniques. Imposer ses choix, imposer sa volonté, dicter ce que l’autre doit faire et comment il doit se comporter n’est en aucun cas une preuve d’amour et de respect même si la personne croit bien faire.
J’en ai énormément souffert, que se soit au niveau des mes amis ou de mes conjoints. Ces comportements, je les ai subis pendant plusieurs années.
Pourquoi je me suis laisser faire me diriez-vous ? Tout simplement parce que j’ai grandi dans une famille dysfonctionnelle qui ne m’ont transmis ni les outils nécessaires pour m’affirmer ni pour m’apprendre à dire non. Pour moi, ces comportements étaient la normalité. Je n’avais aucune confiance en moi et j’étais par conséquent, une proie facile pour ce genre d’individu.
Ces comportements contrôlants cachent souvent un manque de confiance, des peurs voire des angoisses.
Depuis mon adolescence et jusqu’à mes 30 ans environ, j’attirais toujours ce type de personnage (surtout mes conjoints). Ils contrôlaient ma façon d’être et je n’avais tout simplement pas le droit d’être moi-même. Comme dit plus haut, je n’avais pas les outils nécessaires pour refuser et m’en aller.
Je n’avais par exemple, pas le droit de fumer, de me couper les cheveux, de faire des loisirs que j’aimais comme le théâtre, de m’habiller comme je le souhaitais, de grossir, d’avoir mes propres avis, de me tatouer, de sortir avec mes amies, je devais rentrer à une heure précise sous peine de trouver mes valises devant la porte, Je me suis même retrouvée un jour avec un couteau sous la gorge, collée contre un mur, menacée, j’étais tout juste bonne à faire le ménage et à les contenter lorsqu’ils en avaient envie…. J’étouffais, j’avais l’impression d’être dans une cage. Aucune liberté personnelle ni même le droit de prendre une décision.
Mes conjoints de cette époque ne m’acceptaient pas telle que j’étais. En aucun cas, c’était de l’amour, ils ne me respectaient pas mais en même temps, ne me respectant pas moi-même, normal que cela engendre ce genre de comportement.
A 30 ans, j’ai fait une dépression, je ne savais absolument plus qui j’étais, à force de vouloir me conformer aux souhaits de l’autre pour éviter tous conflits ou violence , je me suis totalement perdue.
J’ai dû me reconstruire en découvrant qui j’étais, avoir mes propres valeurs, mes propres avis, oser faire ce que je souhaitais, ne plus me sentir surveillée ou menacée, faire confiance à l’autre ce qui est encore difficile actuellement. J’ai dû également apprendre à m’aimer, à m’affirmer, mais surtout à me pardonner d’avoir accepter ces comportements durant des années. Il faut comprendre que ce genre d’attitude peut laisser de graves séquelles psychologiques.
Nous sommes comme nous sommes, avec notre caractère, nos valeurs, notre façon de faire, de vivre. Une personne contrôlante ne les l’accepte pas car pour elle, cette façon de faire est normale.
Pour conclure je n’ai qu’une chose à dire : Souhaitez vous vraiment faire vivre cet enfer aux autres ? Chaque personne est unique et peut vous apportez tellement de choses enrichissantes. Pensez-y s’il vous plaît.
Karine
